Pourquoi, ils font fausse route

Un peu de mauvaise foi ne fait jamais de mal. Surtout qu'il est toujours possible d'y trouver un fond de vérité. Certes, les Microsoft, UbiSoft et Sony ont tous les trois pris des risques lors de l'E3 2011... et c'est louable. Mais au final, il est loin d'être évident que ces choix stratégiques soient fondés.

 

Ainsi Microsoft met toute son énergie dans Kinect. Un petit périphérique séduisant qui permet de se passer de manette pour jouer et utiliser son corps à la place. Et cette année, Microsoft a même rajouter la voix à l'arsenal corporel.

 

Une démarche originale, mais qui transmet un drôle de message. Microsoft semble en effet dire que les jeux qui ont fait la fortune de sa console, les bons vieux titres de tirs tels que Gears of War sont un peu dépassés. Que le futur réside dans les divertissements pour toute la famille, y compris la maman et la petite soeur qui ne savent pas se servir d'une manette.

 

Une stratégie qui risque fort de lui coûter le soutien de son coeur de cible, les gros joueurs aussi appelés "hardcore gamers". Et sans eux, la Xbox risque de ressembler à une Wii... mais en plus cher.

 

Et UbiSoft ? L'éditeur français tire dans tous les sens. Il veut à tout prix rester dans la course avec les Sony, Microsoft et autres Activision. Une stratégie coûteuse en terme d'argent (un grand jeu coûte plusieurs dizaine de millions d'euros) et pas forcément approprié.

 

Les FarCry 3, Assassin's Creed et autres Ghost Recon ont certes l'étoffe de jeux faits par les grands concurrents d'Ubi Soft. Mais justement, ils leur ressemblent sans vraiment se démarquer.

 

L'éditeur français a beau continuer à tenir à quelques franchises historiques comme Rayman et ajouter des idées de son cru, comme une adaptation des aventures de Tintin. Mais combien de temps pourra-t-il continuer à faire des jeux qui sortent de l'ordinaire des grosses productions sachant que ces dernières sont dévoreuses de ressources ?

 

Sony se remet à peine de l'attaque informatique contre son réseau Playstation 3. Et pour faire oublier la mauvaise image héritée de cet épisode, il a multiplié les annonces lors de ce E3.

 

Ainsi le constructeur japonais passe la vitesse supérieure en matière de 3D. Ces plus gross hits (God of War, Ico, Shadow of Colossus) vont tous connaître une deuxième jeunesse en trois dimensions. C'est beau comme un rêve d'enfant. En effet, rien ne dit que les consommateurs seront attirés par cette technologie.Pour l'heure les ventes de téléviseurs 3D font encore de la peine à voir. Et sans ces sésames dans le salon, il n'y a aucun intérêt à acheter des jeux tridimensionnel.

 

Enfin, il y a la PSVita, la nouvelle console portable de Sony. Une sacrée machine qui en a dans le ventre. En fait, elle est presque aussi puissante que la PS3. De quoi satisfaire largement l'accro de jeux vidéos! Mais, comme Nintendo l'a démontré et ainsi que le prouvent actuellement Google et Apple sur smartphone, les jeux "mobiles" qui marchent le mieux ne sont pas toujours ceux qui en jettent le plus. Un petit titre facile à prendre en main dans le métro fait parfaitement l'affaire et tue l'ennui. Pas sûr donc que Sony ait raison de miser sur la puissance pour séduire les foules dans les transports en commun.